L’insupportable mot discrimination, s’il s’arrêtait à sa plus simple racine de « séparation » pourrait entrer dans la catégorie tolérance de notre vocabulaire.
Mais le voici ce mot qui dans le langage courant se spécifie par sa dure réalité : il sépare un groupe social des autres en le traitant plus « mal ». Le jugement de l’humain entre
dans la cour de la classification.
Vous vous croyez à l’abri de la discrimination parce que vous êtes dans un groupe « social » cohérent avec votre environnement ?
Détrompez vous tout de suite. Nul n’est à l’abri de cette discrimination, et nul n’est à l’abri de discriminer autrui.
Nous naviguons tous à l’intérieur de cette bulle terrestre avec nos acquis et nos idées innées, mais également nos shémas commandés par des preceptes, des certitudes, des images, des modèles…
Là où rien ne permettrait de penser qu’elle puisse se faufiler, la discrimination débarque avec son fatras de jugements, d’intolérances, et de certitudes.
Vous êtes employé de la fonction publique,
Vous êtes une femme célibataire,
Vous portez un tour de cheville,
Vous êtes noir,
Vous portez des lunettes,
Vous philosophez,
Vous êtes PDG,
Vous êtes amoureuse d’un officier de police,
Vous êtes homosexuel,
Vous êtes créateur d’entreprise,
Vous faite du théâtre amateur,
Vous êtes agriculteur,
Vous adhérez à un parti politique,
Vous avez un amant,
Vous êtes intellectuellement précoce, dyslexique ou dyspraxique,
Vous vous présentez à une élection,
Vous êtes végétarien,
Vous êtes mariée à un riche notable, vous élevez vos enfants et rendez service au secours populaire local,
Vous avez fait l’ENA,
Vous êtes en recherche d’emploi,
Vous vous habillez de noir,
Soyez certains qu’à la lecture de ces lignes, tout un chacun vous à mis dans une case.
Imaginez si vous cumulez le titre de porteur de lunettes, en costume trois pièces, sortant de l’ENA, fils d’un riche notable, faisant du théâtre amateur, en recherche d’emploi…
Nous sommes tous concernés.
La douleur de se sentir jugé pour des apparences ou jugé tout court est incommensurable.
Aucune discrimination n’est supportable, aucune.
Jacques Brel nous le chantait déjà en 1955 dans les paroles de
Sur la Place que vous retrouverez ici.
Ils ont écrit